Malcolm & Katherine Brown

Malcolm & Katherine Brown

L’objectif de la psychothérapie organismique est de réveiller chez le patient la conscience des besoins primaires et de supprimer les obstacles qui l’empêchent d’exprimer pleinement ses potentialités[1].
Quand ce processus commence, le patient va vers une meilleure intégration de la personnalité et une plus grande capacité d’adaptation au milieu.Pour atteindre ce but, outre le dialogue et l’élaboration verbale, la psychothérapie organismique laisse une large place au toucher.
Par exemple, le thérapeute peut proposer le contact de ses mains sur des zones précises du corps du patient, pour lui permettre de prendre conscience des émotions qui se cachent sous les contractures musculaires. Au sein d’un setting de psychothérapie, ce type de contact[2] peut déclencher un enchaînement d’effets positifs: de l’expérience de gratification du besoin de sécurité et d’affection, à la perception du thérapeute comme base sûre.
Dans un milieu sûr, il est possible d’abaisser progressivement les défenses (appelées cuirasse caractérielle[3]) érigées avec le temps contre l’intrusion du monde extérieur qui frustrait les besoins naturels de l’enfant.
Les défenses, forgées par instinct de survie, entraînent cependant des inhibitions et des restrictions de la vitalité de l’individu: dénouer la cuirasse signifie libérer la vitalité réprimée et ouvrir la voie aux besoins d’autonomie et de créativité.

La logique qui se trouve derrière l’intervention thérapeutique ne se base pas tant sur les symptômes (dépression, angoisse…) que sur la structure caractérielle psychophysique.
De fait favoriser l’assouplissement des rigidités caractérielles, outre à augmenter le bien-être, permet de réduire les symptômes.Les séances sont plus longues (1h 40) que celles des psychothérapies purement verbales (50 mn) pour que les processus corporels et émotifs aient le temps de s’exprimer et pour pouvoir élaborer ensuite, au niveau cognitif, l’expérience vécue.

Fabrizio Stasi – article pour “I Martedì” – avril 2010

[1]La tendance à actualiser ses propres potentialités comme accomplissement de sa propre vie est définie auto-actualisation par Kurt Goldstein, le fondateur de la Théorie organismique – K. Goldstein, La Structure de l’organisme, Gallimard, Paris, 1983.

[2]Malcolm Brown, le fondateur de la psychothérapie organismique, définit Contact nutritif un contact sans pression, sans mouvement, maintenu longuement. – M. Brown, Il contatto terapeutico, Del Cerro, 2007.(aucune édition en Français).

[3]W.Reich, L’Analyse caractérielle, Paris, Payot, 1992

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